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BABYLUNE : AU-DELÀ DE LA GENÈSE, LA QUÊTE DE L’ÂME
CHAPITRE 1 : LE NÉANT AVANT LE COMMENCEMENT DE L’UNIVERS
Au commencement de toute réalité, qu’elle soit matérielle ou impatiente d’éclore, la logique impose qu’elle découle d’une cause originelle. Face à ce mystère, nos esprits invoquent généralement Dieu ou le Big Bang. Pourtant, une condition invisible doit être remplie en premier lieu : l’existence préalable d’un espace capable d’accueillir cette étincelle. Le Big Bang lui-même a eu une aube. Ce jaillissement primitif a bien dû se déployer quelque part.
Ce quelque part, c’est le Néant. Car là où rien n’est encore manifesté, seul le vide absolu demeure. Si l’expansion initiale est la cause de notre Univers, il faut admettre qu’un lieu l’a précédée. Ce lieu est le véritable socle de tout ce qui est : un écrin immatériel que je nomme le Néant.
Le Néant est un contenant originel, bien que les dictionnaires refusent encore de le définir ainsi. Il est l’infini silencieux où s’est orchestrée, par la suite, la naissance du cosmos, qu’elle soit l’œuvre d’une force divine ou d’une singularité physique. En remontant le fil du temps jusqu’à l’origine du monde, ce vide est la seule constante absolue. C’est pourquoi je présume que l’Esprit créateur lui-même a connu un éveil originel, même si la cause de sa propre émanation m’échappe encore.
Dans l’ordre des choses, l’existence et la vie s’élancent toujours d’un point zéro. Le Néant incarne ce point de départ souverain, le premier berceau de l’énergie. Certains courants de pensée nient son existence, imaginant un Univers éternel et sans genèse. Mais alors, dans quel lieu le Big Bang aurait-il pu éclater, et où flotterait notre Univers?
Ma conviction est intime : tout ce qui s’anime a eu un commencement, sauf lorsque l’absence est totale. Quand rien n’est, le Néant règne. Il devance Dieu, les explosions stellaires et les galaxies. Il survivra à tout : si un jour le cosmos ou sa force motrice venaient à s’éteindre, ce réceptacle inaltérable subsisterait. J’espère qu’un jour, les avancées de la science permettront d’ajuster nos dictionnaires en offrant une majuscule sacrée au Néant, consacrant ainsi ce contenant universel. Il demeure l’unique éternité, immuable dans le passé comme dans l’avenir, indifférent aux miracles qui se jouent en son sein.
Pourquoi ne pas lier la naissance de l’espace et du temps au seul Big Bang ? Pour éviter de me contredire. Dès lors que le Néant préexistant offrait une étendue vacante, l’espace lui préexistait. Quant au temps, bien que stérile au cœur d’une nuit sans matière, il veillait déjà. Le temps et le Néant marchent main dans la main ; les heures ne sont pas une création, mais la conséquence inhérente à toute forme d’existence. Si le temps n’avait pas irrigué ce vide, tout serait resté figé, et la singularité initiale n’aurait jamais pu entrer en expansion.
Big Bang ou Dieu, ou Dieu et le Big Bang ?
Quand on observe le fonctionnement de l’Univers et les rouages de la vie, l’organisation s’avère si fine, intelligente et harmonieuse qu’on ne peut qu’y deviner l’ombre d’un esprit architecte : un penseur, un artiste, un grand géomètre.
Regardons nos dix doigts. Ils ont guidé l’humanité pour fonder le système décimal et ses dix chiffres fondateurs. Parmi eux, le chiffre 9 rayonne d’une aura singulière : il s’intègre à n’importe quel nombre sans jamais altérer la réduction théosophique du nombre. Dans l’absolu mathématique, le 9 est le seul chiffre capable d’égaler le zéro, recelant ainsi une forme de pouvoir magique.
Cette poésie des nombres se reflète aussi dans la fascinante suite de Fibonacci. Au-delà des manifestations surnaturelles qui traversent parfois nos vies, le seul moyen de prouver l’influence d’un grand horloger résidera dans la pure réflexion mathématique. Dieu étant l’incarnation de la perfection, la seule trace tangible de cette harmonie absolue sur Terre se niche dans la justesse des chiffres.
L’ordre immuable de la nature organique crie que nous ne sommes pas nés du chaos. La nature ne s’est pas créée toute seule au commencement. Affirmer que le hasard absolu a pu engendrer une telle perfection géométrique et biologique serait un contresens logique. Si les lois de la nature sont si mathématiquement parfaites, c’est parce qu’elles découlent de la pensée de cet esprit créateur.
La symétrie et la géométrie s’exposent partout, de la corolle d’une fleur à la courbure des galaxies. On y décèle une étonnante logique anticipative, à l’image des quatre saisons qui s’articulent autour de l’inclinaison terrestre à 23,5°.
Cette anticipation vibre au cœur de la biologie : un froid polaire peut anéantir une plante, mais ses graines portent en elles le code secret de la survie pour perpétuer l’espèce. Un homme peut succomber au gel, mais sa semence traverse le temps sans être altérée si l’être humain la préserve selon un protocole rigoureux pour permettre la procréation médicalement assistée par exemple. Cette mécanique subtile fonctionne, ouvrant le voile sur la frontière entre la vie animée et inanimée, entre l’âme, le corps et l’esprit, que nous explorerons plus loin.
Pour ma part, j’aime la théorie du Big Bang, mais j’ai la certitude qu’un souffle conscient a précédé cette grande expansion. La singularité initiale était peut-être une force extra-universelle animée par une conscience que j’associe à Dieu. Ma conviction s’est forgée au fil d’expériences et de pensées personnelles.
Dieu et le Big Bang sont deux causes profondément unies par un « indice pensable »… un « dix pensable », c’est-à-dire deux piliers indispensables pour que l’Univers déploie sa structure intelligente.
Avoir toujours existé ou exister éternellement
Le Néant est éternel dans son existence, tandis que la matière est éternelle dans sa course. Le vide a toujours devancé la matière, et la matière a toujours un point de départ. La matière une fois créée est éternelle dans la durée car s’il est possible de l’atomiser, il est impossible de l’anéantir. Le néant pur est l’inexistence, et on ne peut effacer ce qui a commencé d’être.
Le Néant n’était pas une absence stérile, mais une forme de pré-matière. Le temps s’y écoule à l’infini depuis toujours. Ce lieu infini permet l’émergence spontanée de la conscience divine. Si Dieu existe et orchestre le monde, il devait bien résider quelque part, et ce rivage ne peut être que le Néant, que l’on nomme cette puissance créatrice Dieu, Big Bang ou Ôra.
Le noir visible de l’espace fait partie intégrante de ce Néant. Ce voile sombre est de la pré-matière rendue visible par l’absence de lumière. Lorsque nous sommes plongés dans l’obscurité, les paupières ouvertes ou closes, contempler ce noir revient à effleurer le vide originel. Pour ressentir l’écho de ce que j’ai traversé durant mon coma, il suffit de rentrer dans une pièce obscure et d’ouvrir les yeux. Mieux encore : imaginez-vous à bord d’un avion en plein vol parabolique, suspendu en apesanteur dans un noir absolu pendant la chute libre.
C’est l’illustration parfaite de notre immersion dans le Néant-contenant. En devenant un esprit dénué de corps, sans matière ni repère lumineux dans l’immensité, il ne reste plus rien d’autre à faire que penser.
Un modèle cosmologique logique
Pour que le Néant n’ait aucune réalité, il aurait fallu que l’Univers n’ait pas d’âge, que le Big Bang soit un mirage et que les galaxies ne soient pas en expansion. Mais si l’expansion du Big Bang a bien eu lieu, il lui fallait un lieu pour se propager. Si l’Univers grandit à l’infini, il doit s’étendre dans un espace sans frontières. Ce lieu, c’est le Néant, qui s’établit comme contenant dès que l’énergie du monde y est injectée.
Le Néant est une étendue sans fin et en son sein l’Univers tisse sa toile. C’est grâce à la vacuité, l’espace vide qui l’enveloppe que le cosmos peut grandir sans se heurter à aucune contrainte extérieure.
Rien ne peut éclore de nulle part, que ce soit par le jeu du hasard ou par la volonté de Dieu. L’Univers a eu une aube, la science le démontre et je partage cette certitude. Son point de départ absolu réside dans la création de la singularité.
Pour donner vie à une œuvre intelligente, il faut d’abord la concevoir. Pour concevoir, il faut un esprit, et pour que cet esprit agisse, il lui faut une énergie. Puisque cet esprit originel se situe au-delà des frontières de notre monde pour avoir pu l’élaborer, il devient une énergie extra-universelle. De l’extérieur, il maintient un regard et un contrôle sur la matière et les flux intérieurs. C’est par cette présence invisible que s’exerce une pression extra-universelle : une force architecte, orchestrée par cet esprit créateur de l’Univers que j’appelle Dieu.